Gâteau aux noix

On peut le dire, je suis une accro aux petites graines et ceci dès ma plus tendre enfance. Je les ai toujours ramassées, cassées et mangées. Il est rare d’ailleurs que je passe une journée sans en manger quelques unes. Aussi, ce gâteau au noix est pour moi un véritable délice.

Aussi loin que je remonte dans ma mémoire, je revois les images de mon grand-père maternel m’ouvrant des noisettes avec un canif. Encore aujourd’hui, cela relève pour moi de la sorcellerie. Et puis je vois aussi les images  de mon père cassant des noisettes avec son marteau et sa clé de 21  pour préparer le fameux « pithiviers » dont je ne vous ai pas encore révélé le secret. Enfin moi même, je pratique l’éventration des noix avec un couteau et suis absolument fascinée par la technique de ma mère pour casser les plus récalcitrantes : elles coince la noix entre la table et son pouce et d’un coup sec de l’autre main, la noix cède : je n’ai jamais pu imiter ce geste.

Les noix, on en ramenait des caisses entières de chez mon oncle Norbert installé à Bussy-Lettré et à chaque fois qu’on allait la-bas, je guettais le précieux trésor. On louait aussi les arbres qui bordaient la route, c’était une pratique courante avant qu’on ne décrète qu’ils pouvaient être dangereux. Nous guettions avec impatience l’instant ou tous ensemble nous pourrions aller les gauler en famille.

gauler des noix

Les arbres n’existent plus mais entre temps dans la ferme familiale, nous avons planté les noix de Bussy, celles de la route, et puis d’autres. La noix est le seul aliment qui m’a valu un jour une indigestion. Mon frère et mon cousin qui ce soir là avaient décidé de me faire une vilaine farce en me racontant des histoires à dormir debout ont toujours prétendu que c’était l’effet de leur complot et de la peur qu’il avait générée chez moi. Mais moi, je sais bien que ce sont les noix, j’en avais mangé tellement. Je les aimais particulièrement fraiches encore entourées de la gangue : c’était d’ailleurs un plaisir que d’avoir après la dégustation les mains colorées par le brou de la noix.  Aujourd’hui encore, à l’automne,  j’attrape des aphtoses car je suis incapable de résister à cette chose, la noix fraiche, que je passe des heures entières à décortiquer et que j’aime accompagner d’un petit morceau de pain afin d’en réhausser le goût.

Nous n’avons jamais eu de casse-noix à la maison pour la simple et bonne raison que pour les casser nous utilisions un couteau : une simple lame insérée dans la fente, d’un geste le couteau tourne et la noix s’ouvre.

casser une noix

Mais voilà, il y a des noix bien plus résistantes que les autres et pour celles-là, il faut reconnaître que c’est galère : soit elles refusent de s’ouvrir et alors là, le système du couteau devient dangereux pour peu qu’il ripe, soit une fois ouverte, impossible d’en retirer le cerneau. Aussi lorsqu’Alhya m’a signalé le concours organisé par La Sieste et son papa, je n’ai pas résisté longtemps à l’envie de participer pour gagner ce joujou qui en plus d’être utile est particulièrement joli, mais ça, ça remonte à quelques années…

casser une noix

Ce casse-noix a pour particularité outre de casser les noix (ce qu’on est en droit d’attendre en priorité) celui de laisser le cerneau en bon état et d’éviter que la coque se disperse un peu partout. Pour une fois, je n’ai pas eu à balayer ma maison après l’épreuve.

gâteau aux noix

Les ingrédients :

125 demi-cerneaux de noix (ou 175 gr de noix mixées en poudre fine)
Cerneaux pour la décoration
(Il vous faut en tout près d’une centaine de noix, compter celles qu’on mange en les cassant !)
300 gr de pâte brisée
2 oeufs
100 gr de sucre
2 cuillères à soupe bombées de miel liquide
30 gr de maïzena
70 gr de beurre fondu
1 cuillère à soupe de banyuls ou vin doux (porto, muscat)
1 cuillère à soupe de Kirsch
1 pincée de sel

gâteau aux noix

La recette :

Préchauffer le four th. 210°. Commencer par foncer un moule à gâteau de 20 cm de diamètre avec la pâte brisée (essayer de l’étaler assez finement). Réduire en poudre les cerneaux si vous avez choisi cette option.

Séparer les blancs des jaunes d’œufs. Mélanger ensemble jaunes d’œufs, sucre et miel et battre jusqu’à ce que le mélange blanchisse et double de volume. Ajouter alors les noix hachées et battre vigoureusement avec une spatule en bois. Essayer d’aérer au maximum ce mélange. Ajouter le vin doux, le kirsch. Remuer toujours vivement. Terminer par le beurre fondu et la maïzena. Ne remuer plus trop.

Battre les blancs d’œufs en neige ferme. Les incorporer délicatement : d’abord 1/3 puis l’autre tiers et enfin le reste.

Verser la garniture dans le moule garni de pâte brisée. La préparation lèvera un peu à la cuisson. Si le bord vous semble trop haut (il doit être à 1 cm de hauteur de la préparation, enlever le surplus en coupant tout autour du moule avec un couteau. Mettre au four th 210°  40 à 50 mn. Couvrir d’un papier alu si le dessus fonce trop. Vérifier avec la pointe d’un couteau la cuisson du gâteau (en fin de cuisson). Elle doit ressortir propre.

Un gâteau moelleux à souhait qui se garde très bien plusieurs jours de suite. Un peu la consistance des brownies. Parfois je le sers avec une crème anglaise mais franchement, ce n’est pas une obligation.

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